dimanche 13 novembre 2011

Partir 1/2

Partir est un projet de livret à 4 mains mené en collaboration avec Thibéry Maillard. Il mettra en regard deux séries de 10 dessins juxtaposant sur la page de gauche des copies d'oeuvres d'artistes anciens et sur celle de droite une libre délinéation graphique. La rencontre proposée des deux dessins se livrera en noir et blanc, sur un format de type carnet. Pour l'heure, elle reste mystérieuse, et pour être honnête, assez imaginaire. Mais que les paysages se répondent ou s'effondrent l'un à coté de l'autre, l'essentiel est de les réunir. Telle est l'intention première de ce livret qui sera prêt en janvier 2012 et donné sur simple demande.



D'après Dürer, Saint Jérôme en pénitence, 1496.



D'après Matisse, Paysage de Collioure (étude pour la Joie de vivre), 1906.



D'après Rembrandt, Paysage aux trois arbres, 1643.



D'après W. Turner, Palestrina-Composition, 1828-1830.



D'après T. Rousseau, Groupe de chênes, Apremont, 1855.

jeudi 29 septembre 2011

Rêve ailé



Aller au travail

vendredi 12 août 2011

vendredi 18 mars 2011

Time is off



Publié dans le Carpaccio Magazine # 30 Winter is coming (p. 10-11)

mercredi 5 janvier 2011

Raymonville






Une participation au projet collectif : Le calendrier de la veine, construit sur le principe du calendrier de l'Avent, mais à la place des chocolats, des dessins à cliquer.

lundi 20 décembre 2010

mercredi 12 mai 2010

Jouet































Kafka, Journal, 19 janvier 1915 :

J’étais convenu de faire une excursion dominicale avec deux amis, mais tout à fait par hasard, je ne me réveillai pas et laissai passer l’heure du rendez-vous. Connaissant ma ponctualité habituelle, mes amis s’en étonnèrent, allèrent à la maison où j’avais mon logement, attendirent encore un moment en bas, puis montèrent l’escalier et frappèrent à ma porte. Je fus très effrayé, sautai au bas et ne fit attention à rien, sinon à la nécessité de me préparer au plus vite. Au moment où je franchissais la porte, habillé des pieds à la tête, mes amis visiblement effrayé, s’écartèrent de moi : Qu’as-tu derrière la tête ? s’écrièrent-ils. J’avais déjà senti dès mon réveil, quelque chose qui m’empêchait de pencher la tête en arrière et je me mis à chercher cet obstacle à tâtons. S’étant quelque peu ressaisis, mes amis s’écrièrent « Prends garde, ne te blesse pas ! » juste au moment où je saisissais derrière ma tête, la poignée d’une épée. Mes amis s’approchèrent, m’examinèrent, m’amenèrent dans la chambre devant l’armoire à glace et me déshabillèrent jusqu’à mi-corps. Une grande et ancienne épée de chevalier à poignée en forme de croix était fichée dans mon dos jusqu’à la garde, mais de telle sorte que la lame s’était glissée avec une précision incompréhensible entre cuir et chair et n’avait provoqué de blessure. Il n’y avait du reste pas de plaie non plus à l’endroit du coup où elle avait pénétré ; mes amis m’assurèrent que la fente nécessaire au passage de la lame s’était ouverte sans le moindre épanchement de sang. Et quand montés sur une chaise, mes amis retirèrent lentement l’épée, millimètre par millimètre, il ne vint pas de sang, et la place ouverte sur le coup se referma, ne laissant subsister qu’une fissure à peine perceptible. « Tiens, voilà ton épée » me dirent mes amis en riant et ils me la tendirent. Je la soupesais des deux mains, c’était une arme précieuse, il se pouvait fort bien que des croisés s’en fussent servis. Qui permet à d’anciens chevaliers de roder dans les rêves ? Irresponsables, ils brandissent leurs épées, en percent d’innocents dormeurs, et s’ils ne provoquent pas de graves blessures, c’est tout d’abord sans doute, parce que leurs armes glissent sur les corps vivants, mais aussi parce que des amis fidèles se tiennent derrière la porte et frappent prêts à vous porter secours.